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Mai 68 Amphi Marsan Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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"Mai 68, c'est d'abord 30 000 étudiants à Toulouse, soit dans certaines filières 0,4 m2 par étudiant au lieu des 4 m2 réglementaires. La première manifestation à Toulouse a lieu à l'Amphi Marsan de la faculté des lettres le 23 avril. Le 25 avril une assemblée générale est prévue. Autorisée puis interdite elle provoque l'intervention des CRS. Le 17 mai l'assemblée des enseignants et des délégués des étudiants de la faculté des lettres élit un comité de gestion tripartite. Les juristes et les médecins, peu perméables aux mouvements de grève, se préoccupent de la réforme de leurs études. Le 30 Mai le Général de Gaulle fait son discours. Les événements jugulés, le 7 novembre 1968, l'Assemblée nationale adopte à l'unanimité la loi Edgar Faure, loi d'orientation qui s'efforce de faire la synthèse des idées du moment : cela débouche sur les Unités d'Enseignement et de Recherche regroupées au sein de centres universitaires pluridisciplinaires, gérés par différents conseils composés d'enseignants, de chercheurs, d'étudiants et de personnels administratifs. La faculté de droit et sciences économiques rassemble tous ses instituts pour devenir Université des sciences sociales, Toulouse 1 au mois de novembre, la médecine et les sciences deviennent Université Paul Sabatier, les lettres, Université de Toulouse le Mirail du nom de leur récente implantation, tandis que les écoles nationales supérieures se rassemblent au sein de l'Institut National Polytechnique de Toulouse". (Philippe Delvit)
 
 Voir l'interview d'un ancien militant pour un reportage de FR3 diffusé le mercredi 23 avril à 19h50.

Extrait du chapitre 3 du mémoire de Melle Balducci Roberta.

 

Daniel Bensaïd
Daniel Bensaïd
"La Faculté des Lettres à Toulouse, a été occupée pendant environ deux mois, pendant ce temps les étudiants se sont bien organisés, ils se sont occupés en faisant plusieurs choses, surtout discuter dans de nombreuses réunions, assemblées etc. Une étudiant espagnole raconte à une journaliste de la Dépêche:
«Jamais nous n'avions autant parlé entre nous .... avant on se croisait dans les cours sans même se voir: maintenant tout le monde s'aborde et entame la discussion». Effectivement la chose qui le marque plus de mai 68 pour Tony Alvarez a été:
"… de pouvoir parler, discuter . La libération de la parole et la convivialité et la fraternité qui existait en ce moment là entre des gens qui ne se connaissaient pas. Toute une facilité d'être en contact, de passer des soirées, des fêtes, de faire des choses, d'aller manifester dans une ambiance particulière".
L'occupation de la Faculté ne s'organise vraiment qu'à partir du 19 mai, le lendemain le drapeau rouge flotte sur la Faculté. On y siège le jour et la nuit, on y discute on y résout des problèmes, tout en travaillant sans relâche Pendant la journée de nombreux étudiants se pressent dans les salles et amphis de la Faculté, qu'ils renomment avec les noms de leurs idoles, dont Karl Marx, Rosa Luxembourg, Che Guevara, Fidel Castro, Mao, un seul français, Gracchus Babeuf Ils installent des haut parleurs pour diffuser en direction de la Faculté de Droit,jugée 'hostiles, des chants révolutionnaires et slogans divers ..

Daniel Bensaïd
Daniel Bensaïd
Les étudiants se jettent de tout cœur dans leurs nouvelles activités, un étudiant interviewé dans la Dépêche s'explique ainsi :
« Tout le monde pensait que quelque chose se préparait C'était dans l'ail. Maintenant on y croit à fond, Il faut faire vite. Après les vacances, ce sera cuit C'est tout de suite qu'il faut travailler".
On parle aussi de laisser les Facultés ouvertes pendant les vacances pour que le travail sérieux puisse être présenté à la rentrée Les étudiants s'organisent bien vite, le comité de coordination, qui compte environ une cinquantaine d'étudiants, organise des permanences et des comités de travail par rotation, grâce à ce système, la Faculté est occupée 24h/24 et les étudiants mangent toujours au restaurant universitaire et dorment chez eux.
La hall de la Faculté est tapissé de citations que chacun peut changer à son gré, c'est un espace d'opinion publique où toutes les personnes peuvent dire ce qu'ils veulent On voit tout type d'auteur allant des révolutionnaires aux spiritualistes, on voit des mots de: Fidel Castro, William Blake, Antonin Artaud, Jules Vallès, Jean-Jacques Rousseau, Sartre, Schelling etc .. Par exemple voici quelques citations: "Les chemins de l'excès mènent à la sagesse" de William Blake, et «Quand l'extraordinaire devient quotidien, c'est la révolution» de Fidel Castro, et «Penser c'est renoncer au savoir.. Le savoir est lié. La pensée est entièrement libre Toute pensée est le résultat d'une détente, d'un affranchissement, d'une crise» de Schelling.

Antoine Artous, dit Tony
Antoine, dit Tony
Les étudiants organisent même un service d'ordre par peur d'attaques de la droite, ou même de la police, mais aussi surtout pour protéger les nombreuses manifestations. Tony Alvarez qui faisait parti~ du service d'ordre se rappelle:
«Le service d'ordre de mai 68 était beaucoup plus fantasmé, style on fait les grands, qu'une chose très sérieuse ... à l'époque c'était plus le côté cow-boy qu'autre chose .. » Les étudiants . forment une petite milice qui portait des casques de chantiers avec les lettres MFL (Milice de la Faculté des Lettres), ils stockent aussi des cailloux, des manches de pioches et une collection de cocktails Molotov pour être prêts à toute attaque éventuelle.

Antoine Artous, dit Tony
Antoine, dit Tony
Dans leur Faculté occupée le Doyen et les professeurs arrivèrent à s'organiser, bien que le standard téléphonique et le secrétariat sont occupés par les étudiants, mais le secrétaire général M. Cros arrive, pendant les nuits précédentes à transporter dans sa voiture au Château de Mirail les documents importants, surtout les dossiers du personnel et des étudiants, Le bureau du Doyen n'est jamais occupé, il y passe ses journées et des collègues se relayent la nuit, dormant sur un lit de camp Il y possède une ligne téléphonique, dont le numéro ne figure pas dans l'annuaire téléphonique, et qui, relié directement au central de la poste lui permet de rester directement en contact avec les autres Doyens.
On commence à voir un phénomène intéressant à la Faculté; la visite de gens externes qui viennent voir ce qui se passe à la Faculté, les étudiants les baptisent les touristes. Ils sont curieux et veulent comprendre sur quoi travaillent les étudiants, et pourquoi ils veulent tout changer, les étudiants eux mêmes encouragent ces visites en organisant des journées « portes ouvertes) où toute la population toulousaine est invitée à venir discuter à la faculté des problèmes des étudiants. 

CRS en arrière plan
CRS en arrière plan
Mai 68 à Toulouse n'aurait pas été pareille sans le M25A. Créé le soir du 25 avril par une poignée d'étudiants le mouvement s'est vite agrandi, pas seulement avec des étudiants, mais aussi avec des enseignants et maîtres enseignants, et c'est occupé de beaucoup de choses pendant la période de son existence. Mais qu'était le M25A et qu'est-ce qu'ils voulaient faire? Dans un interview recueilli par François Queffelec le 12 mai, le groupe s'explique, ils s'appellent M25A, parce que:
« ... ce jour-là on a brisé avec le silence toujours observé scrupuleusement sur les problèmes de l'université. le style de cette journée restera vraisemblablement celui de notre mouvement qui n'a stIicternent rien à voir avec les groupements, associations syndicats etc préexistants .. Notre lutte ne doit en aucun cas se confondre avec «l'antigaullisme» et notre souci est de réinventer une notion de la politique beaucoup plus large .. »
AG dans l'amphi Marsan
AG dans l'amphi Marsan
Le mouvement est donc d'une nature totalement différente de ce qui existe déjà, il pourrait apparaître anarchique parce qu'en faisant: « .. éclater l'hypocrisie du « libéralisme universitaire» a montré, par son seul déroulement, que ce libéralisme se change immédiatement en répression. En même temps nous avons refusé de nous soumettre aux interdits universitaires et policiers».
Dans les jours qui suivent la création du mouvement les jeunes sont allés dans les cours pour expliquer aux étudiants ce qui avait débuté. Ils ont commencé des discussions, et c'est à ce moment précis que les étudiants et aussi les enseignants ont réagi."

Voir le mémoire dans son intégralité au format pdf

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