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Chapitre 3 : Relever les défis de l’université de masse Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Chapitre 3 ; Relever les défis de l’université de masse

En 2006, le rapport Hetzel  rappelait que « L’Université accueille la grande masse des bacheliers sans les sélectionner à l’entrée, cela est perçu à la fois comme une force et une faiblesse. Une force parce que l’Université participe pleinement à la démocratisation de l’enseignement supérieur. Une faiblesse car trop d’étudiants ne disposent pas actuellement des informations nécessaires à une bonne orientation ce qui se traduit par un taux d’échec important notamment en première année. Tout cela pèse sur la réputation de l’ensemble du système et est socialement et économiquement inacceptable ».
En réalité il n’existe pas de mesure simple et incontestable du taux d’échec dans le système LMD. En effet, dans ce système la progression à l’intérieur de la licence peut être très diverse de sorte que la seule mesure fiable est le résultat final.. mais la licence peut être obtenue dans un autre établissement et n’est pas nécessairement celle qui avait été entreprise. Le meilleur indicateur disponible est celui qui compare la situation observée dans l’établissement d’une cohorte de primo-entrants au bout de trois ou quatre ans. On constate alors qu’un peu moins de 40% des étudiants entrés à l’université (avec des variations faibles selon les filières) obtient la licence en trois ans (l’accroissement étant relativement faible si l’on considère une durée d’obtention plus longue). Mais on ne peut pas en déduire que l’échec est supérieur à 60% parce qu’une part non négligeable des étudiants entrés à UT1 en t-3 ne sont pas observés en t, qu’ils aient changé d’université, arrêté leurs études ou changé d’orientation. Ce taux de déperdition est en tout état de cause insupportable et nous nous fixons comme objectif en trois ans d’inverser ses proportions. Il s’agit d’un objectif qui peut sembler hors de portée (accroitre de 50% le taux de réussite) mais qui nous parait accessible par un meilleur suivi, une meilleure orientation et une diversification de l’offre de formation.

Un meilleur suivi
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 (source : Philippe Delvit : http://www.univ-tlse1.fr/1164376662942/0/fiche___article/ )
Les cinquante dernières années de notre établissement ont été marquées par l’accroissement massif de la demande de formation et l’explosion du nombre des étudiants qui passe en 20 ans de 1400 à plus de 14000 (1962-1982) (soit un taux de croissance annuel de plus de 12.5%)  . L’accroissement des effectifs a été beaucoup plus modéré au cours des 20 années suivantes (1983-2003) (de l’ordre de 1% par an).
Quelles que soient les insuffisances et les faiblesses du taux d’encadrement de nos disciplines, il est certain aussi que l’encadrement s’est considérablement étoffé et diversifié . L’annuaire des enseignants 2007/9 permet de relever plus de 500 intervenants tandis que le tableau de classement des personnels en 1959/60 ne comportait pas plus de 30 noms (soit une progression de plus de 6% par an sur près de 50 ans.

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Après avoir relevé les défis quantitatif de l’accueil des bacheliers, de l’élévation du niveau et de la qualité de la recherche, il convient que notre université s’attache à améliorer l’accueil et les cursus des étudiants ainsi que l’insertion professionnelle qui a toujours été une préoccupation traditionnelle d’un établissement qui n’a jamais oublié qu’il avait été une « école » (école de droit) et qui figure maintenant explicitement dans ses « missions ».

Une meilleure orientation
Il faut donc repenser les stratégies de recrutement des étudiants, les possibilités qui leur sont offertes, en un mot relever simultanément les défis de l’université de masse et des filières d’excellence. Nos marges de manœuvre sont limitées car notre université a refusé à l’origine et à différentes époques l'accueil des IUT tertiaires (nous avons simplement un GEA à Rodez) tandis que les DEUST qui avaient été un succès ont disparu.
Il serait convenable, au sein du PRES de repenser certains découpages ou tout au moins d’imaginer une coordination de l’offre de formation des établissements membres du PRES.
Mais l’expérience mitigée des Pôles universitaires et les difficultés de mise en place des PRES montrent que la coopération entre établissement est difficile et coûteuse en temps, en personnel et en énergie. Il convient donc de résister fermement à la fuite en avant que serait la fusion des universités toulousaines, de conserver l’autonomie de notre établissement mais en même temps de ne pas être frileux dans le développement des mutualisations avec les établissements du PRES qui partagent le souci de « permettre au plus grand nombre d’accéder à l’enseignement supérieur », mais […] dans des filières de qualité et en tenant compte de la diversité des publics concernés » comme l’affirme le rapport Duport  (II, 76).
La loi LRU (curieusement les statuts de notre université ne semblent pas s’en être rendus compte) oblige les universités à mettre en place des dispositifs d’insertion professionnelle qui, bien conçus, peuvent concourir à la réalisation de ces objectifs (bureau d’aide à l’insertion professionnelle et l’emploi). On peut regretter que, selon un travers bien connu, les nouvelles missions ne s’accompagnent pas de moyens et surtout que l’on réagisse à un besoin par une structure nouvelle sans se soucier de l’articulation avec l’existant voire des restructurations visant à optimiser les moyens existants.
Nous pensons que l’on peut concevoir un dispositif performant compte tenu de l’existence, dans notre établissement, d’une tradition d’études et de réflexion sur la relation formation emploi et tout particulièrement sur le point crucial de l’insertion professionnelle . Rappelons ici l’expertise incontestable de notre établissement en la matière. Le concept même d’insertion professionnelle a été forgé par Jean Vincens, professeur émérite de sciences économiques, fondateur et directeur du Centre d’études juridiques et économiques de l’emploi (CEJEE) en 1965, devenu le Laboratoire interdisciplinaire des ressources humaines et de l’emploi (LIRHE) en 1994. Jean Vincens a été, à sa création, de 1970 à 1980, conseiller scientifique du Céreq dont notre université héberge un centre associé. Ce n’est pas par hasard  non plus qu’un chercheur du CEJEE soit devenu le directeur d’un des premiers Observatoire de la vie étudiante (OVE) ou qu’un autre chercheur du Lirhe ait été longtemps, directeur du SUIO. Jean Vincens est l’auteur de la meilleure synthèse disponible sur la question de l’insertion professionnelle .
Le « changement d’état » et le « processus par lequel s’opère ce changement » ressortent de toutes les approches comme deux éléments majeurs du processus. Tout d’abord, les définitions des états « final » (insertion professionnelle) et « initial » (inscription à l’université) qui sous-tendent les analyses, objectives ou subjectives, sont l’objet d’une grande diversité qui révèle toute la difficulté à préciser l’état d’insertion. L’analyse du processus appelle un recueil d’informations longitudinales permis par les enquêtes de cheminement comportant un calendrier des situations. Ces enquêtes doivent fournir un suivi des entrants qui permette de bien connaitre les points clés de leur parcours et la situation d’emploi finale. Ce parcours doit s’apprécier par rapport au projet personnel et professionnel (PPP) des entrants. Il est bien connu que le droit n’est pas enseigné dans le secondaire et que l’apprentissage des outils de l’analyse économique à l’université déconcerte ceux des étudiants qui proviennent des sections économiques des lycées. L’intégration d’une formation spécifique permettant aux étudiants de construire ou de développer leur PPP dans les premiers cycles a été expérimentée maintenant depuis une dizaine d’années et les retours d’expérience montrent que, s’il ne s’agit pas d’un remède miracle, l’expérience est positive et mérite d’être mise en place dans notre université.
 
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Nous préconisons la mise en place d’un tel dispositif dès la rentrée 2009 avec l’ambition d’une chute significative des taux d’échec dans les trajectoires observées en 2012.
L’encadrement des PPP suppose la mobilisation des tous les responsables de masters et licences (générales et professionnelles), en formation en présentiel comme à distance, en formation initiale comme en formation continue pour définir les parcours, les acquisitions de savoir et de compétences ainsi que le recrutement et la formation de tuteurs susceptibles de suivre le parcours des étudiants mais aussi de les aider à rédiger leur PPP.
 
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L’orientation et l’insertion professionnelle
Il appartiendra au CEVU, au conseil scientifique et aux composantes de diversifier l’offre de formation de façon à l’adapter aux publics concernés, mais en même temps il relève de l’établissement de mettre sur pied une politique de recrutement des étudiants.
La situation de monopole de l’enseignement du droit n’a pas permis la réflexion et la prospective sur les recrutements d’étudiants mais l’université a commencé à établir des passerelles avec les classes préparatoires, avec les IUTs. Ces entrées obliques doivent être multipliées de façon à passer d’une poursuite d’études subie à des poursuites d’études choisies en fonction du PPP et de l’offre de formation.
De façon iconoclaste, il a été proposé ici ou là d’abandonner les premiers cycles ; ce serait une bien mauvaise manière de régler les difficultés occasionnées par l’accueil des bacheliers mais une réflexion au niveau régional s’impose. L’université est déjà présente sur plusieurs sites en dehors de la métropole régionale qui n’a pas vocation à concentrer définitivement la transition entre l’enseignement secondaire et l’enseignement supérieur. Là encore, il conviendra que l’établissement ait une vision stratégique de long terme en partenariat avec les collectivités territoriales et les autres établissements de Midi Pyrénées.
 


 

 
 
 

La performance de la faculté de sciences économiques qui a sur la même période réussi une mutation considérable d’un enseignement des théories économiques à la production de nouvelles connaissances dans le domaine est d’autant plus remarquable (cf. Alain Alcouffe : « Brève histoire de la faculté de sciences économiques, l’épisode des cahiers de la faculté de sciences économiques ».
 
Le taux d’encadrement dans l’enseignement supérieur en France s’est lentement amélioré au cours des 10 dernières années (rapport Lambert sur la loi de finances 97 http://www.senat.fr/rap/l97-085-3-a15/l97-085-3-a156.html). Ainsi à la fin des années 90 on est passé d’un taux moyen d’un enseignant pour 20 à 22 étudiants à  «  un taux moyen d’un enseignant pour 18 étudiants ». [La] France est loin de la moyenne des pays de l’OCDE avec un enseignant pour 15 étudiants.
Et encore ce chiffre n’est qu’une moyenne avec les situations extrêmes d’un enseignant pour 6 étudiants dans certaines grandes écoles à un enseignant pour 40 à 50 étudiants en lettres ou en droit. (Cyterman, La revue de l’inspection générale, http://media.education.gouv.fr/file/38/2/3382.pdf). Les derniers chiffres pour UT1 (un enseignant pour 30 étudiants environ) calculés à partir de l’annuaire 2007 montrent la situation difficile de notre université (les 48 moniteurs, qui ne doivent qu’un tiers de services, sont inclus dans le nombre des enseignants mais à l’inverse les 48 autres enseignants dont les services d’enseignement sont plus lourds le sont aussi)
 
Rapport Duport au CES, II, 76. On ne peut qu’adhérer à la conclusion du rapporter, il s’agit « d’inventer un enseignement de masse qui s’adresse à tous ces publics et qui assure la formation de tous ceux qui vont exercer une profession dans des domaines variés, à quelque niveau de responsabilité que ce soit ». (Duport, ibidem).
 
Le Céreq est un établissement public qui dépend du ministère de l'Éducation nationale, du ministère de l'Économie, des Finances et de l'Emploi et du ministère du Travail, des Relations sociales et de la Solidarité. Pôle public d'expertise au service des acteurs de la formation et de l'emploi, le Céreq concilie production de statistiques, recherches, études et accompagnement d'actions. Il formule des avis et des propositions destinés à éclairer les choix en matière de politiques de formation à l'échelon régional, national ou international  (http://www.cereq.fr/quisommesnous.htm).
On ne peut que déplorer la fin programmée du Lirhe appelé à être absorbée dans un Centre de recherches en management et s’étonner la médiocrité des appréciations « locales » de son rôle dans le contrat quadriennal.
 
«L’insertion professionnelle des jeunes. À la recherche d’une définition conventionnelle », Formation Emploi, n° 60, octobre-décembre 1997, p. 21-36.
 

 
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